Laïcité en danger

«… Personne ne peut diriger une nation s’il n’a le Christ en lui. Et, tel que je connais mon pays le Bénin, personne ne peut diriger une institution ministérielle et réussir s’il n’est pas véritablement chrétien…», parole de Valentin Djènontin, ministre délégué en charge de l’économie maritime de la République laïque du Bénin. C’était le dimanche 17 Mars 2013, devant une assemblée chrétienne évangélique Phrase non prononcée, dans une chambre à coucher, mais sur une place publique et plus grave, largement diffusée il y a peu, par les médias béninois. Malheureusement, une fois encore, des professionnels des médias de ce pays ont failli à leur mission en relayant une opinion qui risque de désorganiser toute une société constitutionnellement certifiée laïque. Oui, le Bénin est bel et bien un pays laïc. Le Sieur Valentin Djènontin, était-il sous quelque emprise en déclamant ces propos devant des fidèles chrétiens bon teint, mais qui eux, sereins, tiennent à la laïcité, cette richesse incontestée pour notre nation ? A qui voulait-il vraiment faire plaisir ? Aux hommes; à lui-même ou à Dieu ? Celui-ci ne doit pas être fier de ce disciple qui ne respecte point la liberté religieuse des autres. C’est tout de même aberrant d’entendre une telle expression de la bouche d’un haut serviteur de la République qui appartient à un gouvernement non chrétien, bon consortium de confessions religieuses plurielles et diverses de notre pays et où des ministres visiblement plus performants que lui, ne sont pas forcément de son obédience religieuse. Non, non et encore non ; Monsieur le ministre, franchement, vous avez peut-être la langue bien déliée, mais, de grâce, mettez celle-ci réellement au service de ce pays et non d’une croyance religieuse, la vôtre. Valentin Djènontin, la guerre des religions n’aura pas lieu au Bénin et personne, même pas un chrétien, ne vous pardonnera d’être le moteur de cette mécanique. Chers présidents des institutions de notre pays, c’est une obligation pour vous de rappeler ce ministre à l’ordre. Monsieur Valentin Djènontin, le peuple, à défaut de réclamer votre démission pure et simple du gouvernement Yayi, exige des excuses publiques.

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