L’école béninoise entre élitisme débridé et décadence assurée

Dr Narcisse Tomety

J’accuse l’errance culturelle

J’accuse l’impertinence d’aveuglement

Je dénonce l’hypocrisie structurelle

Je dis non au verbiage contreproductif

Je désapprouve le réformisme arrogant

Je désapprouve l’excès de vitesse

Je condamne l’irresponsabilité entretenue

Pliez vos bagages!

Vos colères ne m’empêchent pas d’exister par mes convictions. La vie est aussi un combat pour servir les autres, une façon de remercier sa patrie. C’est mon tour d’apporter ce que la nature a planté en moi sans l’avis de mes géniteurs. Je donne et je donne tout car rien ne n’appartient.

“Quand on tombe, on ne tombe jamais bien” disait Alexandre Dumas fils dans Le Demi-Monde. Nous sommes tombés trop bas en morale et en éthique dans tous les domaines et surtout là où il ne fallait pas : éducation nationale, communication, santé, agriculture

Le problème des échecs scolaires à répétition est, à mon sens, une absurdité permanente dans la définition de nos repères culturels. C’est que personne ne connaît le Bénin et le Béninois pour lesquels nous fabriquons nos programmes éducatifs.

Le colon avait besoin de commis et des gens qui savent bien rouler le français et capables de prier tout le temps au lieu de méditer. Ce type de Dahomeen résincarné en Béninois pour détester sa culture et renier son être pour assimiler la culture occidentale sans jamais être reconnu par le colonisateur a été dans l’acte colonial le plus réussi. Beaucoup de chefs d’État, de ministres, de députés n’ont jamais vu ce à quoi peut ressembler un gouverneur colonial pour que je puisse dire qu’ils sont une bonne ou mauvaise copie des temps jadis. Oui, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec le Gouverneur colonial Élysée Péchoux avant sa mort. Les dirigeants africains ont trahi et beaucoup trahiront encore car le culte du sacrifice pour la patrie n’est pas dans leur plan d’affaire politique.

Tous nos dirigeants politiques ne sont que des pro-consuls et n’ont pas cru devoir définir le Béninois et le Bénin pour arriver à un programme éducatif bénino-africain du présent et du futur.

Nos systèmes éducatifs sont piteux, ne favorisant que l’élitisme de mémorisation et pas assez l’élitisme de recherche et de créativité.

Les programmes éducatifs ont fait l’objet de mal gouvernance et de centre de profits personnels pour certains cadres de l’administration scolaire. Le détournement des deniers publics, l’introduction et la promotion de mauvaise moeurs dans tous les ordres d’enseignement, de la maternelle au supérieur.
Nos écoles et universités ne sont que des supermarchés de produits périmés et faisandés avec quelques patates encore acceptables.

Des notes politiques, des notes de népotisme, des notes de corruption, des notes contre sexe, des notes contre trafics d’influence… des enseignants mal recrutés, mal formés, mal encadrés, mal inspectés, sans vocation et au seuil de survie.

L’école béninoise est destinée à produire des clochards et des incapables. Tout vient d’une classe politique pourrie sans vision, sans volonté de servir loyalement.

Il faut tout démolir, prendre le temps de la réflexion en mobilisant tous les acteurs afin de définir le Bénin et le Béninois de nos rêves pour les 30 prochaines années avant de configurer ce que doit être l’enfant béninois, l’enseignant béninois pour arriver à définir et à reprogrammer la NOUVELLE ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE. Arrêtons nos précipitations dans les réformes. Une réforme n’est pas une guerre mais un dialogue par la fertilisation croisée des intelligences, des espérances, des volontés de changement et d’un pacte de sacrifice proportionnel. Arrêtez de faire d’une réforme une arme de violence. Ça ne marche nulle part.

Dr Ir. Simon-Narcisse Tomety
Formateur-chercheur en citoyenneté et développement
Staséologue praticien
Animateur du Café Africain des Néophilosophes

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