Les ultramaigres du showbiz

Angoissées, déprimées ou simplement décidées à prouver leur capacité de pouvoir, les stars maigrissent… jusqu’à disparaître? Enquête sur une mise en danger volontaire. Elles arpentent les tapis rouges de la planète, portent les robes des plus grands couturiers et pourtant, Victoria Beckham, Rachida Dati, Laeticia Hallyday, Angelina Jolie, Keira Knightley ou Letizia d’Espagne, entre autres, ne semblent parfois que l’ombre d’elles-mêmes. Des silhouettes désarticulées, fil-de-fériques, maigrissimes. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces tailles XXS exhibées sous les flashs trahissent un manque cruel de confiance en elles. Rébecca Shankland, auteur des Troubles du comportement alimentaire (éditions Dunod), est formelle: «Un dérèglement nutritif, quel qu’il soit, est toujours signe d’une faible estime de soi, physique et morale.» Comme les adolescentes qui, à la puberté, ne parviennent pas à réguler l’intensité de leurs émotions, les stars seraient-elles, elles aussi, en difficulté de maîtrise d’une image publique qui leur échappe? Le parallèle n’est pas incongru. Même si, paradoxalement, la maigreur est taboue. Rares sont celles qui assument le poids plume qu’elles luttent corps et âme à obtenir. «J’ai la chance de pouvoir manger tout ce que je veux, sans prendre un gramme», se justifie sans cesse la pro de la cuillère à pot – et ex-anorexique -, Julie Andrieu. «Je ne me prive jamais. J’ai un gros faible pour le pâté en croûte et le chocolat », surenchérit Nicole Kidman… De quoi faire enrager les phobiques du pèse-personne en surcharge pondérale. D’autant que ce dérèglement survient chez des personnes gâtées, qui « ne manquent de rien », heureuses en amour et comblées par leurs métiers. Comment expliquer la maigreur chronique de ces stars, à qui, apparemment, tout sourit?

La traversée d’un épisode dépressif justifie parfois la perte de l’appétit. Rudement mise à l’épreuve par les soucis de santé de son rocker de mari, dès juillet dernier, Laeticia Hallyday a admis n’avoir plus eu le cœur à s’asseoir autour de la table et renoué avec son passé d’anorexique. «Adolescente, je me laissais mourir », a-t-elle confié. De même, Angelina Jolie avait terriblement maigri après le décès de sa mère, Marcheline Bertrand, et avoué: «J’ai toujours été mince, mais, cette année, j’ai perdu ma mère et fait face à des événements douloureux.»

Prouver une capacité de contrôle, un pouvoir sur soi-même et, par conséquent sur les autres, en exhibant un corps fuselé, voilà l’illusion de Rachida Dati ou encore de Laetizia d’Espagne, la roturière de la Cour d’Espagne. « Celles qui évoluent dans des milieux de pouvoir, où les hommes tiennent habituellement les principaux postes, tendent à prouver leur habilité de maîtrise sur elles-mêmes, et donc sur les autres, en surmaîtrisant leur corps », précise encore la psychologue. Ainsi, chez les princesses, la confusion entre perte de poids et contrôle sur la vie de Cour est fréquente. La princesse Diana se faisait vomir plusieurs par jour et, en 1996, Victoria de Suède était même partie aux Etats-Unis pour soigner son anorexie.

Un besoin de séduire, une envie de correspondre à des standards filiformes peut encore expliquer les comportements quasi-anorexiques de Tori Spellingou des quadras Courtney Love et Meg Ryan, plus ou moins consciemment persuadées qu’il faut, pour réussir, « garder la ligne », « répondre à des critères ». Unanimement, ces personnalités nuancent: elles «font attention», assurent qu’elles mangent «sain et équilibré». «Je me trouve on ne peut plus normale», se justifie la longiligne Victoria Beckham. Mais qu’ont donc dans la tête ces princesses au petit poids?

LE DANGER D’UNE SOUS-ALIMENTATION CHOISIE

Le déni du dérèglement alimentaire n’exclue pas des risques physiologiques et psychiques. Carences en vitamines et minéraux, risques d’ostéoporose, fragilisation cardiaque, déchaussement dentaire, apparition d’un lanugo (un fin duvet sur l’ensemble du corps pour le protéger du froid), difficulté de concentration, troubles du sommeil, humeur changeante, irritabilité… la liste est longue, et peu ragoûtante. Et ce n’est pas le régime bio et macrobio de Madonna qui suffira à contrer ces désagréments. En plus des céréales complètes, des graines de lin, de courge ou de tournesol, la Madone ingurgite des compléments alimentaires ultraprotéinés qui ne peuvent que détériorer son appareil digestif. D’autant qu’à cinquante ans, elle reste une hyperactive et surexcitée du fitness… Mettre sa vie en danger en croyant – à tort – devenir immortel dans le cœur du public, cela vaut-il vraiment la peine?

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