Lettre ouverte du Collectif des Journalistes de la télévision nationale

COLLECTIF DES JOURNALISTES DE LA REDACTION DU JOURNAL TELEVISE DE L’ORTB
Cotonou, le 15 janvier 2015
LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE LA COMMUNICATION ET DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
Monsieur le Ministre,
Il est désormais un secret de polichinelle que la Télévision nationale fait l’objet d’une désaffection sans précédent en raison de l’hégémonie gouvernementale dont sont otages ses programmes, notamment ceux de l’information. Situation qui vaut à ses équipes, anathèmes, humiliations, mépris, et c’est tout juste si elles ne sont pas lynchées.
Face à cette dérive monolithique, plusieurs tentatives ont été initiées par les journalistes (plaidoyers en conférence de Rédaction, et trois pétitions) pour le retour des normes professionnelles, et surtout la liberté à restaurer aux journalistes pour exercer en toute responsabilité et dignité leur métier !
Aujourd’hui, nous venons prendre l’opinion nationale et internationale à témoin, pour inviter notre actuel Ministre de tutelle, Jean Gbeto DANSOU, à se saisir de l’appel pathétique lancé au Chef de l’Etat par notre collègue Ozias SOUNOUVOU, le 12 janvier 2015, pour rétablir les normes professionnelles à l’ORTB.
Nous déplorons 72 heures après, le silence consécutif à cet appel, face à la démonstration spontanée faite à Paris à la marche « Je suis Charlie » par le Chef de l’Etat, de l’attachement de son régime aux valeurs démocratiques sacrées de la liberté de pensée, d’expression et de presse ; Principes consacrés du reste par la Constitution béninoise.
Nous exhortons pour finir, notre Ministre de tutelle à obtenir avec la même spontanéité qu’à la marche de Paris, du chef de l’Etat (qui nomme le Directeur Général, et les Directeurs de la Télévision et de la Radio nationales) l’onction nécessaire pour instruire les responsables de l’ORTB à respecter les normes professionnelles et déontologiques du journalisme : liberté pour les journalistes d’exercer leur métier selon la déontologie et le retour de l’équilibre de l’information.
Toute inertie du gouvernement sur ces exigences démocratiques seraient assimilables à une volonté délibérée de violer la liberté de presse sur le service public financé par les impôts des citoyens, et donc légalement et légitimement ouvert à tous les courants d’expression.
Votre attachement aux libertés démocratiques, à la liberté de la presse, et votre haut sens de la République, Monsieur le Ministre, nous obligeraient.

Signé : COLLECTIF DES JOURNALISTES DE LA REDACTION DU JOURNAL TELEVISE DE L’ORTB

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