Liberté de presse et Démocratie

Distingués responsables du centre culturel américain ;

Chers collègues journalistes ;

Honorables invités ;

Le 1er Août 1960, le Bénin a accédé à la souveraineté nationale et internationale mais il a fallu attendre le début des années 90 avant que ce pays n’emprunte la voie de la démocratie. La Démocratie, c’est une forme de gouvernance dans laquelle la souveraineté émane du peuple. Le cri de joie en ce moment était qu’enfin le pouvoir est revenu à la base et la liberté d’association et d’expression devenaient définitivement un acquit.

Si les citoyens sont libres d’exprimer leur opinion alors ils doivent être aussi en mesure de développer leurs idées sur papier d’où la liberté de presse. Dans ce pays nous avons des chaînes de radios et de télévisions qui émettent, des journaux qui paraissent et l’on se bombe déjà le torse comme quoi la liberté de presse est une réalité au Bénin et plus loin, nous sommes l’un des laboratoires de la démocratie en Afrique. Nous sommes ici au Centre Culturel Américain, et dans le public nous avons des citoyens américains. Dites nous, dites au peuple béninois si cela est suffisant pour parler d’une démocratie bien entendue renforcée par la liberté d’expression et de presse ?  Devrions nous vibrer de joie parce qu’on est meilleur parmi les derniers ? Que personne ne vous trompe chers concitoyens, la démocratie a des principes et la liberté de presse a ses fondements.

Dans un système démocratique le citoyen s’attend à ce que le journaliste joue pleinement son rôle. Le peuple ne tient-il pas à savoir si le gouvernement est entrain de faire ce qu’on lui demande sous pression ? Comment la décision est-elle prise ? Est-ce en toute transparence ? Comment l’argent du contribuable est-il utilisé et que sais-je encore? C’est le rôle que joue par exemple la presse américaine. Pourquoi pas au Bénin ?

Dans mon pays, nous journalistes, avons-nous aujourd’hui le droit de traiter toutes les questions touchant la vie du citoyen béninois, accédons nous facilement aux sources d’information ? Des professionnels qui ont peur de traiter certaines questions car le risque est grand de se retrouver derrière les barreaux. Est-ce une fierté pour une nation qui se dit démocratique ? Le Bénin, quel pays ?

Mais l’espoir est permis chers amis, l’heure  de délivrance approche et c’est la raison pour laquelle la pression doit-être maintenue. Notre rêve se réalisera un jour. Le vote et la promulgation de la loi portant dépénalisation des délits de presse seront effectifs et le journaliste sera mis devant ses responsabilités. C’est la seule alternative pour que les médias participent pleinement à la consolidation de la démocratie chèrement acquise. Il est écrit dans un rapport du Conseil d’Analyse Economique sur le marché de la presse au Bénin, « Quelle est cette démocratie qu’on espère construire avec une presse qui au lieu d’informer, intoxique car mue par des considérations mercantiles ? Quelle est cette démocratie qui espère se consolider avec une presse sans grande vision, une presse d’improvisation, une presse qui ne s’élève pas au dessus des intérêts immédiats et veut atteindre ses objectifs à court voire à très court terme ? Une presse qui ne se bat pas pour avoir véritablement une autonomie vis-à-vis des forces politiques et des pouvoirs d’argents ? Quelle est cette démocratie qui peut se construire avec une presse animée par des hommes et femmes sans références professionnelles et morales ? » Malheureusement c’est cela la réalité. Dans notre corporation, à quoi on assiste pour des raisons de finance ? Le chantage, la diffamation, la prise de position, la perte de temps, le conflit d’intérêt, le refus d’aborder tel ou tel sujet, ainsi de suite.  Chers collègues et chers confrères, levons nous comme un seul homme pour assainir notre corporation et maintenons la pression sur nos gouvernants pour que des dispositions légales soient prise pour faciliter l’exercice du journalisme au Bénin.

Nous n’avons pas le choix car tout système sans une presse libre et dynamique se solde par le chao, la corruption, la détérioration de l’économie, la contestation, la violence, la remise en cause des acquis démocratique. Ainsi, la liberté d’expression et de presse sera rangée au placard et bonjour l’anarchie. Je ne souhaite pas ça pour ma nation ! Chers confrères, soyons donc sereins et surtout ne baissons par la garde ! Le journalisme, c’est une question d’engagement et la liberté de presse est un droit !

Vive la Démocratie !

Vive le Bénin !

Je vous remercie.

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