Marché public – complicité sordide sur l’hôtel du moins-disant

L’un des maux dont souffre le marché public au Bénin est la notion du moins-disant. Pour gagner le marché, l’entrepreneur définit toute sorte de stratégies pouvant lui permettre de proposer les coûts les plus bas. Avec cette incantation, nous disons bye-bye à la notion de qualité. C’est comme si  l’offre économiquement la plus avantageuse n’est qu’assimilable au prix le plus bas. Je suis le moins disant, donc je gagne le marché. Et grâce à mes accointances, je livre au ministère des travaux publics des routes de mauvaises qualités, au ministère de l’urbanisme des bâtiments sans aucunes normes de qualité, au service des armées, des bottes et tenues de bas de gammes et que sais-je encore. Et pourtant rien ne devrait conduire un acheteur à minorer exagérément l’importance du critère prix dans l’analyse des offres. La règle devrait contraindre le demandeur de service à apprécier la performance globale du marché et porter une attention particulière à la qualité des prestations fournies, ainsi qu’au respect, tant par les fournisseurs que par les utilisateurs, des modalités d’exécution du marché. Pour y arriver, le Bénin doit aller à l’école de la France.

chantier Assemblée-nationale-du-Bénin

Tenez, la Fédération Française du Bâtiment et l’Association des Maires de Grandes Villes de France se sont engagées dans une action de sensibilisation dans l’intérêt des collectivités et pour la pérennité des entreprises et des emplois qu’elles procurent. Et pour cause, les consultations pour des marchés publics de travaux font apparaître des écarts de prix très importants, en raison notamment de la grande fébrilité des entreprises confrontées à une situation conjoncturelle difficile. Les deux organisations recommandent donc aux collectivités de recourir à une méthode de détection des offres anormalement basses par rapport à la moyenne des offres. Les offres anormalement basses trouvent souvent leur origine dans des situations de fraude, qui faussent le jeu normal de la concurrence. C’est la preuve que la pègre est partout et rester dans l’inaction est préjudiciable à toute la communauté. Même s’il est tardif en France, le réveil est entrain de s’opérer pour sauver le secteur des marchés publics. Architectes, entrepreneurs, cadres et dirigeants béninois ; vous êtes tous dans une complicité sordide sur l’hôtel du moins-disant. Nous qualifions d’anormalement basses vos offres car vos prix ne correspondent pas à une réalité économique. Changer maintenant de comportement, le Bénin appartient à nous tous. Koyiiii gnan. Mi gbo.

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