Projet BENIRAIL, l’intersyndicale de l’OCBN doit clarifier sa position

Projet de signature de la convention de création de BENIRAIL à Paris

La date du 21 juillet 2015 qui a été choisie par les gouvernements béninois et nigériens pour lier leurs Etats au Groupe Bolloré dans le cadre  du dossier du chemin de fer Cotonou-Niamey en violation de toutes les procédures et des normes internationales en vigueur est arrivée. Conscient du fait que non seulement, le projet du Groupe Bolloré viole toutes les procédures réglementaires en matière de marché publics, notamment l’adjudication qui dans le cas d’espèce, a été obtenue par le Groupe PETROLIN de l’opérateur économique Béninois Samuel DOSSOU AWORET, ainsi que les normes modernes en matière de construction de chemin de fer, le Groupe Bolloré et ses partisans organisent leur parade.

De source bien introduite, il nous revient que la « marche des cheminots » de l’OCBN organisée ce 21 juillet pour apporter un prétendu soutien au Groupe Bolloré n’est qu’instrumentalisation et subterfuge. En effet, comment comprendre que des agents de chemin de fer qui pour la plupart ont de nombreuses années d’expérience dans le métier puissent apporter un soutien quelles que puissent en être la nature et la forme, à un projet qui, s’il est mis en exécution, va maintenir leur société dans l’état de caducité dans lequel elle a végété depuis bien des années et qui explique en très grande partie sa déshérence actuelle ? Un cheminot, même s’il n’a connu que les rails de type ancien de toute sa carrière, ne peut pas souhaiter poursuivre ses fonctions dans des conditions de caducité alors même que la modernité est en œuvre dans la plupart des pays voisins.

A Paris, ce 21 juillet, sera plus que probablement commise la forfaiture. La signature par laquelle l’Etat béninois et l’Etat nigérien vont donner une forme de valeur juridique aux prétentions du Groupe Bolloré sur le chemin de fer Bénin-Niger. Une valeur juridique pourtant nulle et non avenue au regard des nombreux  vices qui émaillent ce dossier. Ce jour devrait être un jour de deuil, un jour funeste pour chaque béninois, à commencer par les travailleurs des rails. Il n’est donc pas compréhensible, autrement que par des manouvres félonnes, que l’intersyndicale des cheminots béninois, se donne en spectacle pour soutenir dit-on, un projet qui en réalité lui fait et lui fera plus de tort que de bien. Dans deux lettres adressées par les experts du domaine au Ministre en charge du dossier d’une part et au Chef de l’Etat d’autre part, ont pourtant déjà tiré la sonnette d’alarme. Il s’agit de la lettre des membres du comité technique interministériel de suivi de la Convention de BENIRAIL adressée au Ministre béninois du Développement le 1er avril 2015 et de la lettre du Groupe d’experts et anciens cadres techniques ferroviaires de l’OCBN au Président Boni Yayi en date du 9 décembre 2014. Chacune de ces lettres met en exergue entre autres les incohérences du projet tel que souhaite le conduire le Groupe Bolloré ainsi que les risques d’isolement encourus par le Bénin et le Niger en cas de réalisation de la liaison ferroviaire Niamey-Cotonou selon les conditions techniques de ce groupe. Dans ces circonstances, aucun cheminot digne de ce nom, ne saurait apporter son soutien au projet en question.

Parmi les responsables béninois présents à Paris pour adouber la signature de la convention de concession à Bolloré, le secrétaire général de l’intersyndicale de l’OCBN dont les agents, probablement sans comprendre les enjeux de cette signature, sont appelés à soutenir le projet. Un soutien qui a été préparé notamment par l’idée mensongère qui leur a été inculquée quelques jours plus tôt de ce que seul le Groupe Bolloré, prend en compte leurs droits dans le processus de dissolution de l’OCBN et de la création d’une nouvelle société.

En tout état de cause, l’argent qui ces derniers jours, circule et qui sert notamment à payer la communication autour de la marche des cheminots en faveur de Bolloré, montre à suffisance, le degré d’instrumentalisation du syndicat. On connait en effet comment sont organisées les marches de soutien au Bénin depuis 2006. Phénomène face auquel les agents de l’OCBN, mieux informés, devraient opposer une fin de non-recevoir en boycottant la manifestation.

L’évidence est là, de la traitrise, du mensonge et de la supercherie. Et pourtant, pour leurs intérêts égoïstes du moment, certains béninois se montrent tout à fait disposés à livrer leur Etat, pieds et poings liés. Et quand viendra le moment de la justice, il ne devra se trouver personne pour crier à la chasse aux sorcières.

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