Révision de la Constituition, Adrien Houngbédji dévoile une stratégie cauchemardesque

« … On n’organise pas les élections municipales. Nous avons dit que nous allons faire une proposition de loi pour une liste électorale informatisée ad hoc. Ça a été lu en plénière à l’Assemblée nationale et c’est parti en commission. La réaction que nous avons eue est celle de la Cour constitutionnelle qui a dit que si la Lépi n’est pas faite, il n’y a d’élection (…) Une loi, quelle qu’elle soit n’est jamais parfaite, comme toute œuvre humaine. L’importance d’une loi, quelle que soit sa valeur, dépend de l’application qu’en font les autres. Le mérite de ce qui est dans le Code électoral aujourd’hui est qu’à toutes les étapes dans le processus, il y a la majorité parlementaire et la minorité parlementaire (…) Mais attention ! Les hommes sont les hommes. Il faut féliciter les députés à l’Assemblée nationale, toutes tendances confondues. La Cour constitutionnelle est une institution oxymore ; c’est-à-dire qui évoque une chose et son contraire. C’est aussi une institution politique par le mode de désignation de ses membres, par sa composition et par son mode de fonctionnement. Les membres de la Cour constitutionnelle sont 7 dont 4 désignés par la mouvance parce que désignés par un bureau de l’Assemblée nationale monocolore et 3 par le Chef de l’Etat. Je suis persuadé qu’ils font l’effort pour que le droit soit le droit. Mais la tentation est forte pour eux pour qu’ils mettent le droit au service de la politique. C’est ça la réalité. Nous devons revoir la manière de désigner les membres de la Cour constitutionnelle, sinon, nous n’allons pas avancer. On ne peut sortir de l’impasse de la non organisation des élections que si le gouvernement et la Cour constitutionnelle veulent s’en sortir (…) Si d’ici deux semaines, le 5 octobre, le Chef de l’Etat n’a pas convoqué le corps électoral, nous ne ferons pas les élections municipales en 2014 et ça, c’est la faute au gouvernement et à la Cour constitutionnelle qui dit que sans la Lépi, il n’y a pas d’élection. J’ai lu le Code électoral et j’ai lu qu’il y a des possibilités de coupler les élections communales et les élections législatives. Mais la question est de savoir pourquoi le gouvernement traîne à organiser les élections ? Si le gouvernement ne veut pas organiser les élections, c’est parce qu’il sait qu’il va perdre. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit pour coupler les élections que ça traîne. Même si on doit coupler les élections, il perdra là où il doit perdre (…) Nous croyons plutôt qu’il y a une stratégie cauchemardesque. Nous pensons que le gouvernement ne veut pas organiser ni les élections communales ni les élections législatives. Si nous arrivons en avril 2015 et que l’Assemblée nationale n’a pas été renouvelée, ça veut dire qu’il n’y a plus de Parlement au Bénin. Et s’il n’y a plus de Parlement, le problème de la majorité des trois quarts pour réviser la Constitution sera résolu. Le Chef de l’Etat, Yayi Boni va donc faire directement son référendum sur la Constitution puisqu’il n’y aura pas de Parlement. Donc, ce n’est pas un problème de couplage. C’est d’arriver à la révision de la Constitution en sautant l’obstacle de l’Assemblée nationale. Car, cette Assemblée nationale qui est là ne peut pas lui accorder les trois quarts dont il a besoin et la prochaine Assemblée nationale qui arrive en 2015 ne lui donnera pas davantage les trois quarts dont il a besoin pour réviser la Constitution sans passer par la voie référendaire. Il va gouverner par ordonnance et faire le référendum par ordonnance. Au Prd, nous avons déjà mis un groupe de réflexion sur pied pour travailler à empêcher cette hypothèse… »

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