Révision de la Constitution : « Si je le fais c’est que je suis un mouton comme eux. Moi, je ne suis pas un mouton » dixit Mathieu Kérékou

« Quand je suis venu, c’est pour tester notre constitution. Ce n’est pas le pouvoir qui m’intéresse. Moi, je n’ai pas besoin de pouvoir. Le pouvoir au Bénin ne rapporte rien. Si vous êtes honnêtes,  vous ne pouvez pas vous enrichir au Bénin ; étant Président de la République, étant ministres, si vous êtes vraiment honnêtes. Parce que les salaires sont connus… A l’heure ou nous parlons, je sais ce qu’elle vaut. Mais, j’ai voulu que nous allions jusqu’au bout. Pas la réviser en mon temps, je n’en veux pas… La constitution dit, vous êtes candidats pour cinq ans, merci. Renouvelable une fois, merci beaucoup. Mais vous vous êtes lancés dans l’aventure. Si Dieu vous a permis de franchir la première étape cinq ans. La deuxième étape, vous êtes au bout du rouleau et vous vous entêtez en disant je veux réviser la constitution, alors vous ne respectez plus la volonté de Dieu. Si par hasard on le faisait, et si les populations ne voulaient pas, comment vous allez faire ?… Vous allez venir faire dix ans à la Présidence de la République, connaissant ce que la constitution dit et vous allez vous entêter en disant je veux faire la révision de la constitution. Mais, la constitution du 11 décembre 1990 a été taillée à ma mesure. Je le sais, sinon je ne reviendrai pas après les cinq ans de repos… Mais, je me suis dit. Etant donné que cette constitution là a été taillée en tenant compte des réalités parce que « ils disaient que les propositions qu’on va lui faire, il ne va les accepter parce qu’il est têtu ». Comme s’ils me connaissaient…rire. Parce que d’abord la plupart était des apatrides. Ils ont fui, ils ne savent pas ce qu’on a fait pendant la période révolutionnaire. Et ils disent « il a l’armée dans la main ». L’armée, c’est pour l’Etat, ce n’est pour un individu fut-il président avec un titre pompeux « Chef suprême des armées ». Moi, je m’en fou. Je suis de la filière militaire, personne n’a jamais commandé l’armée. L’armée appartient au peuple béninois, c’est votre armée, ce n’est mon armée à moi. Même ceux qui se disent « nous sommes de la sécurité », je dis, c’est moi qui assure votre sécurité. Ce n’est pas vous qui assurez ma sécurité… Rire. Alors je dis puisque c’est ma constitution et on ne l’a pas dit au peuple ; moi je veux être candidat. Les autres disent « c’est nous qui l’avions mis là ». Je dis, si c’est vous qui m’aviez mis là, venez m’enlever… Je ne les ai pas vus, tout le monde grince les dents maintenant. Ils ne sont plus avec moi. Ils disent qu’ils sont de la mouvance. Ils sont quelque part mais, en réalité ils sont de la mouvance pour survivre et non pour faire la démocratie, pour construire leur pays. Ils sont là pour se protéger… rire. Et je suis venu, Dieu a fait que ça soit ainsi. Parce que je ne suis pas venu avec la force. Je n’ai pas de force moi. Et, s’il y en avait la force, c’est pour qui ? Si Dieu vous a donné la force, ce n’est pas pour expérimenter vous force sur vos compatriotes. On dit il faut quatre cinquième (4/5) de députés pour voter la loi. Comme je sais d’avance, pourquoi me ridiculiser ? Ceux qui se disent de la mouvance, … je vais le calcul mais chacun d’eux a un parti politique. Même ils sont au gouvernement et sabotent le programme du gouvernement. Ils bloquent le programme du gouvernement. Ce n’est pas à l’assemblée nationale qu’ils vont soutenir la révision de la constitution. Je sais que c’est faux ! Si je le fais c’est que je suis un mouton comme eux. Moi, je ne suis pas un mouton ! ».

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